mercredi 4 janvier 2017

Piégés de Christy Saubesty

Année d'édition : 2016
Edition : Pygmalion
Nombre de pages : 384 pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Londres, 1853.
Aaron Wendell, riche héritier à la réputation sulfureuse, n’imaginait pas que sa vie serait bouleversée par une banale partie de campagne.
Pas plus que la jeune Abigail Fischer, qui pensait avoir connu suffisamment de drames pour toute une vie.
Dans leur dos, les jalousies s’exacerbent et dans l’ombre, l’ennemi les guette…








Une romance historique qui respecte bien les codes du genre, l’auteur a parfaitement su s’imprégner de l’atmosphère victorienne du XIXème et romantique typique de ce genre de roman, toutefois on regrette une certaine facilité dans l’intrigue et plus encore, un côté lassant et redondant dans le dernier tiers du roman.

Abigail Fisher est la fille d’un médecin renommé qui s’occupe des plus riches et aristocrates du grand monde. Cependant, depuis un accident survenu une dizaine d’année plus tôt, elle a perdu sa mère et est devenue aveugle. Une infirmité qui lui ferme, a priori, les portes d’un mariage et lui prive de l’amour d’un homme. Mais lors d’une mondanité à la campagne, Abby manque de se noyer dans un lac. Lord Wendell est intervenu suffisamment tôt pour lui éviter la noyade mais certainement pas les rumeurs qui pourrait coûter l’honneur d’Abbygail. Dans le respect des lois des gentlemen, Aaron décide de se marier avec la jeune aveugle, c’était évidemment sans compter sur une ancienne amante bien décidée à reprendre ce que la jouvencelle lui a pris.

Dans l’ensemble, le roman se lit bien. Christy Saubesty a une écriture très fluide, très douce qui colle comme il se doit avec son histoire et le genre du roman. On est vite embarqué dans un univers victorien aux codes bien régis, dans l’ambiance des libertins et des courtisanes qui trouvent dans l’ombre, le plaisir de la chair partagée, mais aussi dans celle de la bienséance, des jeunes filles innocentes posées et élégantes, charmantes et parfaitement adaptées aux convenances. Un univers très romantiques, très doux, très tendre qui se confronte à la luxure et à la débauche. Les deux personnages, héros de cette romance historique, représente chacun un de ses univers à part entière de l’époque.

Abbygail est une jeune fille innocente qui n’a jamais approché un homme si ce n’est pour le soigner et uniquement sous la présence chaperonne de son père. Elle ne croit plus en l’amour, même si elle en rêve secrètement comme toutes les jeunes filles de son âge. Abby est une fille forte, têtue et qui accepte les découvertes de l’intimité d’un couple avec beaucoup de curiosité mais aussi de plaisir. Elle se retrouve mariée suite à un quiproquos, alors qu’elle ne souhaite imposer sa tare à personne, et pis encore ne souhaite pas que son propre mari la déteste parce qu’ils ne partageraient rien d’autre que les convenances. En cela, le personnage est bien dépeint et c’est plutôt original d’avoir dressé le portrait d’une aveugle, l’idée d’ajouter ce handicap renforce bien évidemment l’intensité à la romance mais plus particulièrement à la sensualité qui se dégage du roman. Elle a également du caractère et n’hésite pas à affronter Aaron, partage ses désaccords mais reste naïve, ce qui lui jouera bien des tours.

Aaron traîne une réputation épouvantable, considéré comme l’un des plus grands débauchés et libertins de la noblesse. Il cumule les conquêtes, ayant un attrait particulier pour les femmes expérimentées et dévergondées. Aussi quand il se retrouve marié à une vierge innocente qui n’a pas eu l’éducation donnée aux jeunes filles de l’époque avant le mariage,  cela le rend nerveux et le fait énormément douter de sa capacité à la respecter dans l’intimité et à la rendre heureuse. C’en est même parfois excessif et c’est là que le dernier tiers du roman vient faire retomber la pression agréable et très sensuelle qui s’était établit entre les deux personnages. A force de se poser des questions, de fuir sa femme, de douter pendant une longue période, le récit perd de sa saveur, devient redondant voire même rébarbatif.

Heureusement, ce n’est qu’une faible partie du récit mais qui a toutefois gâché un peu mon plaisir. Par ailleurs, pour en revenir au positif, les personnages secondaires sont prometteurs, Crawford, Ellworth, Gillian et Lady Selina intriguent énormément tant sur leur passé que sur leur avenir potentiel. Enfin, il y a cette couverture très attractive, ce blanc gage de pureté évidente, ce que l’on retrouve dans le personnage d’Abby et ses touches rouges qui inspirent la passion que l’on retrouve dans le personnage d’Aaron, c’est plutôt très réussi !

En bref, un roman qui avait très bien commencé, qui me faisait battre vivement le cœur quand les deux personnages s’apprivoisaient mais qui s’essouffle malheureusement par trop de questionnement des héros et une facilité dans la finalité du récit. Toutefois, s’il y a une suite, je la lirai certainement, car les personnages de Crawford et de Gillian m’ont bien tapés dans l’œil et j’aimerai vraiment beaucoup connaître leur avenir et leur histoire.

Je remercie Louve du forum Mort Sure et son partenaire les éditions Pygmalion pour ce tendre partenariat.
 
Chronique de Walkyrie

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