mercredi 31 août 2016

Sous la même étoile de Kelley York

Année d'édition : 2016
Edition : Pocket
Nombre de pages : 286
Quatrième de couverture :
Un frère et sa soeur vont devoir trouver le moyen de protéger le garçon qu'ils aiment tous les deux.

Une fois le lycée terminé, Hunter et sa demi-soeur Ashlin, décident de prendre une année sabbatique et d'emménager chez leur père. Là-bas, ils retrouvent Chance, un garçon fantasque avec qui ils passent tous leurs étés depuis l'enfance. Si Chance les a toujours fascinés, ce sont des sentiments tout autres qu'Ashlin et Hunter développent bientôt pour lui. Mais ils comprennent aussi que les excentricités de Chance dissimulent une vérité bien plus noire..









Une très belle découverte qui ne m'a pas forcément toujours convaincue mais qui m'a suffisamment motivée pour lire les trois derniers quarts d'une seule traite. De plus, la fin avait exactement ce qu'il me fallait pour en être satisfaite ; les points positifs ressortent donc bien plus que les négatifs !

Ashlin et Hunter sont frère et sœur de deux mères différentes. Depuis l'enfance, ils passent leurs étés chez leur père, où ils ont fait la connaissance de Chance, un ami qui est devenu indispensable dans leur vie.
Après plusieurs mois sans le voir, et profitant d'une année sabbatique après le lycée, Ashlin et Hunter retournent plus longtemps que d'habitude chez leur père. Leurs retrouvailles confirment que rien n'a changé entre eux trois, ils retrouvent leur relation si fusionnelle d'autrefois. Mais Chance garde un comportement d'ado et passe son temps à mentir, d'après ce que Hunter et Ashlin comprennent... Et si cette attitude et ces mensonges ne cachaient pas un terrible secret ?

En commençant ce roman, je pensais surtout découvrir une romance mais j'étais finalement loin du compte. Il y a bien une petite romance en fond vu qu'Ashlin et son frère éprouvent des sentiments pour Chance et que ce dernier ne cache pas non plus ce qu'il ressent, mais ces sentiments serviront surtout à l'intrigue principale. Ils permettent de nous montrer à quel point la relation du trio est spéciale et forte. Mais l'intrigue est bien plus approfondie que ça et tourne finalement beaucoup autour de Chance. On voit très vite quel secret il cache, avant même qu'Ashlin et Hunter ne s'en rendent compte eux-mêmes mais ça ne gâche pas pour autant le plaisir de la lecture. Et encore moins quand on découvre la fin. Je m'attendais à cette fin. Enfin, plutôt, je l'espérais ! Il ne pouvait pas y avoir d'autres fins possibles et j'en ressors donc complètement satisfaite ! On a le doute jusqu'au bout et c'est juste excellent !
Ce qui m'a un peu dérangé, c'est le manque de réactions, parfois, de certains personnages. Par exemple, quand Chance fait plus ou moins un aveu direct sur ses sentiments, Ashlin, sur le coup, n'est ni choquée, ni surprise, ni déçue, ni joyeuse. Bref, rien. Vu les circonstances, elle aurait dû ressentir quelque chose de vif sur le moment. On apprend plus tard ce qu'elle ressent vis à vis de ça mais ça manque de spontanéité. À la fin, pareil, grosse révélation choc et peu de réactions (même s'il y en a quand même un peu) de la part des personnages principaux. Ça ne gâche pas l'intérêt de l'histoire, elle est suffisamment prenante, j'ai juste trouvé cela dommage.

Ashlin et Hunter sont deux jeunes adultes attachants malgré leur manque de réactions ou de sentiments face à certaines situations. Malgré tout, on en découvre toujours un peu plus davantage sur eux et on prend plaisir à les suivre. La narration est alternée entre ces deux personnages, un chapitre sur deux, et la fin des chapitres est telle que l'on a envie de poursuivre toujours avec le même personnage, que ce soit Ashlin ou Hunter. Ce qui ne donne jamais envie de s'arrêter !
Chance est un personnage que j'ai adoré découvrir. Il est mystérieux et totalement imprévisible. Il est important pour Ashlin et Hunter, ainsi que pour leur père, et on se rend compte de cette importance tout au long de la lecture. Un personnage plein de surprises qui donne du rythme au récit !

En conclusion, c'est une excellente découverte malgré les petits bémols. Un livre qui se lit d'une traite, qui est prévisible pour certaines choses mais toutefois très captivant et satisfaisant. À découvrir !


Chronique de Grenouille

Leçons d'un tueur de Saul Black

Année d'édition : 2016
Edition : Pocket
Nombre de pages : 496 pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Katrina, Sarah, Angelica, Shyla, Yun-seo, Leah, Lisbeth... Sept femmes âgées de vingt-quatre à quarante ans. Sept femmes retrouvées mortes aux quatre coins des Etats-Unis. Violées, torturées, exécutées. L'oeuvre d'un homme ou de plusieurs ? Depuis trois ans, la police tourne en rond et n'a pour indices que d'étranges objets découverts dans les corps mutilés des victimes. Aujourd'hui, l'inspectrice à la Criminelle de San Francisco, Valerie Hart, sent qu'elle tient enfin une piste sérieuse. Mais il faudra faire vite, car la prochaine cible pourrait bien être une petite fille de dix ans piégée dans une cabane isolée du Colorado. Alors que ses vieux démons refont surface, Valerie se lance dans une course contre la montre...


"Un grand merci au forum Mort-Sûre ainsi qu'à Pocket édition pour ce partenariat."



Leçons d'un tueur, c'est en fait l'histoire de deux serial killer, deux sadiques aux fantasmes sinistres et cruels, les femmes sont d'abord enlevées, violées, mutilées puis après assassinées ... En parallèle à ça, nous suivons Valérie, 38 ans, inspecteur à la criminelle et en charge de l'enquête concernant les deux pervers depuis 3 ans.

L'auteur sait parfaitement comment nous faire ressentir les émotions, et pour un thriller, c'est super important. En tant que fan du genre, j'aime avoir peur, ressentir l'angoisse, les espoirs, des personnes sur le point de mourir, sur le point de réussir à s'échapper, mais aussi le ressenti de ces fous furieux au moment de commettre de tels actes de barbarie. L'atmosphère est oppressante, digne d'un bon thriller flippant.

J'ai aussi beaucoup aimé découvrir un peu la vie privée de Valérie, je me suis sentie proche d'elle grâce à ça, comme si j'étais son amie, et cela permet d'apporter un rythme à l'histoire, une profondeur. Saul a bien su doser le côté personnel de l'enquêtrice, juste assez pour que l'on s'y attache sans que cela empiète trop sur l'histoire.

Quant au rythme précédemment évoqué, il est vrai que l'on a pas le temps de s'ennuyer, chapitres courts, changements de point de vue, pas de révélations majeures au fil des pages si ce n'est la raison de ces actes monstrueux. Dès le début, nous connaissons "l'identité" des tueurs, l'intéressant ici est donc la manière dont est menée l'enquête, les déductions qu'ils font au fil des pages, le but étant de nous happer et de nous faire tourner les pages.

Pour ce qui est des personnages, Valérie est attachante, et ses problèmes personnels font d'elle une personne entière, l'inspectrice ou l'inspecteur parfait n'existe pas je pense. Mais elle est humaine et c'est aussi pour cela que je l'ai tant apprécié, ce n'est pas un flic sans sentiments, elle est touchée par chaque histoire, chaque victime. Ensuite, il y a les deux tueurs, mentalement déviants et détruits par leur enfance, comme c'est souvent le cas dans les thrillers.

En conclusion

Un très bon thriller, efficace et prenant, mais avec malheureusement quelques petites longueurs. Celui-ci reste malgré tout une belle réussite (surtout pour un premier du genre). Ayant apprécié le personnage de Valérie, j'espère qu'il y aura d'autres romans où suivre ses aventures.

Chronique de Lovereadandbooks

Le démonologue de Andrew Pyper

Année d'édition : 2016
Edition : L'Archipel
Nombre de pages : 295 pages
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Le professeur David Ullman est considéré comme le spécialiste mondial de la littérature satanique, notamment grâce à la thèse qu’il a consacrée au Paradis perdu de Milton. Pourtant David, à l’inverse du poète, est loin de croire que notre terre est peuplée de millions d’âmes errantes, invisibles du commun des mortels. Un jour, il est invité à Venise pour y attester d’un « phénomène » surnaturel. D’abord réticent, il cède finalement et s’y rend en compagnie de Tess, sa fille de douze ans. Sur place, les manifestations paranormales dont il est le témoin font vaciller ses certitudes cartésiennes. Avec pour point d’orgue la disparition de sa fille. Sous ses yeux, Tess saute dans les eaux du Grand Canal, mais jamais ne réapparaîtra… Il n’aura dès lors qu’une obsession : la retrouver. Mais tous ceux qu’il croise désormais semblent n’avoir guère plus de consistance que les âmes errantes que décrivait Milton… Et s’il s’agissait de l’œuvre du Diable en personne ?



Tout d’abord, je remercie Louve ainsi que les éditions de l’Archipel pour ce partenariat.

« Le démonologue », en voilà un titre accrocheur et prometteur d’une lecture tendue, rythmée par frissons et peur, tout comme la couverture ainsi que l’avis de Gillian Flynn « troublant, perturbant… un livre qui vous hantera longtemps ! ». Et les éloges continuent sur la quatrième de couverture. « Effrayant, captivant et admirablement écrit » d’après S.J. Watson. Sans compter que ce livre a reçu Le Grand prix du suspense décerné par l’International Thriller Writers. Avec un tel palmarès, il n’en fallait pas plus pour que je sois conquise et persuadée que j’allais lire « LE » thriller fantastique de l’année et accrocher ce titre à la liste de mes coups de cœur.

Hélas, c’est à se demander si j’ai lu le même livre que celui dont toutes ces personnes en font l’éloge.

Certes, les premiers chapitres du « Démonologue » sont très prometteurs. On y fait la connaissance de David Ullman et sa fille Tess. David est professeur à l’Université de Columbia et reconnu comme un éminent spécialiste de la littérature sataniste dont plus particulièrement du « Paradis Perdu » de Milton. Tous deux semblent être porteurs du même don, ou plutôt de la même malédiction. En effet, un être d’un autre monde semble avoir jeté son dévolu sur ce père et sa fille. David et Tess n’en parlent à personne, pas même entre eux.

Vient ensuite ce fameux voyage à Venise, que David n’aurait sans doute jamais accepté s’il avait su que cela ouvrirait la porte vers une inéluctable descente aux enfers. Il sera en effet confronté à des événements plus que troublants mais, comble de l’horreur, cette ville magnifique sera le théâtre de la disparition de Tess. David s’embarque alors dans une course contre la montre à travers les Etats-Unis afin de sauver Tess des griffes de l’être immonde qui la retient en son pouvoir.

Intéressant et captivant n’est-il pas ? Alors, pourquoi ai-je été déçue par ce livre me direz-vous ?

Premièrement parce que la quasi-totalité de la suite de l’intrigue est basée sur ce fameux « Paradis Perdu » de Milton, véritable bouée de secours pour David. Bien que les extraits soient intéressants, ceux-ci, trop nombreux, alourdissent le récit et finalement m’ont totalement fait perdre le fil, voir la compréhension des événements qui jalonnent le voyage de David ainsi que ses interactions avec le démon qui l’a mis au défi.

Puis, beaucoup de personnages apparaissent mais n’ont fait l’objet d’aucun ou de trop peu de développement. Notamment, qui est donc ce fameux traqueur ? Par qui est-il engagé ? Qui en veut donc à la vie de David et pour quelle raison ? Andrew Pyper y fait bien trop peu allusion. Il en va de même au sujet de cette vieille femme qui surgit d’on ne sait où, employée par on ne sait qui et qui est pourtant celle à cause de qui la vie de David va soudainement basculer.

J’ai malgré tout continué à lire ce roman, espérant à chaque page, retrouver l’intensité et la noirceur des premiers chapitres, mais en vain. La fin m’a d’ailleurs laissé plus perplexe que jamais. Je ne suis même pas certaine d’avoir vraiment saisi ou l’auteur voulait en venir. David a-t-il été témoin d’événements surnaturels ou a-t-il été victime d’hallucinations ? Je me pose toujours la question.

Bref, l’intrigue trop confuse, le manque de suspens et de noirceur font de ce roman, dont j’attendais tant et qui me semblait si prometteur une grande déception.

Chronique de Serpentinne

Le Zoo de Mengele de Gert Nygardshaug

Année d'édition : 2016
Edition : j'ai lu
Nombre de pages : 416
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
La vie du jeune Mino Aquiles Portoguesa, chasseur de papillons, changera à jamais le jour où il verra son village et sa forêt réduits à néant par les grandes compagnies pétrolières américaines, et tous ceux qu'il aime tués ou envoyés dans les bidonvilles des mégapoles surpeuplées.
Alors il deviendra le bras armé de cette Amazonie que l'homme blanc foule au pied, de tous ces pauvres gens sacrifiés au nom du progrès.
Alors il les tuera à son tour.
Tous. Un par un.






Merci au forum pour ce partenariat.

Je suis embêtée parce que je n'ai pas d'avis tranché sur ce livre. Le début je l'ai trouvé très sympa puis au bout du dernier tiers je l'ai trouvé long. Peut-être parce que j'étais préoccupée par d'autres choses en même temps ?

C'est l'histoire de Mino, chasseur de papillons, dont la vie sera bouleversée par un événement tragique. Nous suivons sa vie depuis ses cinq ans jusqu'à ses vingt ans. Tout au long, il fait des rencontres et les personnages sont tous attachants et ont chacun une personnalité singulière.
L'histoire commence à devenir longue à la fin des études de Mino et de ses compagnons. A ce moment, l'auteur explique les actes que chacun des personnages accomplis mais sans y ajouter d'actions, ce sont des énumérations de faits. C'est à partir de ce moment que j'ai décroché du livre.

Je me demande quand même comment sera la suite et je suis un peu curieuse de savoir ce qu'il va se passer.

Pour conclure, l'histoire est bien mais manque d'action à un certain moment ce qui fait que l'on peut décrocher totalement.

Chronique de TicaYuna

Le Club tome 1 : Les amants scandaleux de Robin Schone

Année d'édition : 2016
Edition : J'ai lu
Nombre de pages : 448
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : Après vingt-quatre ans de mariage, l’avocat James Whitcox s’aperçoit qu’il ne connaît rien à la sexualité féminine. Une femme peut-elle éprouver du désir ? Qu’est-ce qui l’excite ? Afin de répondre à ses questions, il pousse la porte du club des Messieurs et des Dames. Il y rencontre Frances Hart, veuve comme lui, qui débarque de sa campagne et semble aussi peu éclairée que lui sur les choses du sexe. Ensemble, ils décident d’explorer les mystérieuses contrées de l’érotisme. À mesure qu’ils franchissent les frontières interdites, la complicité, puis l’amour fleurissent. Mais, dans une société pudibonde et misogyne, la liberté d’aimer se paie très cher...




Robin Schone est une valeur sûre dans la romance historique érotique et avec ce titre, elle montre une nouvelle fois toute l’étendue de son talent. L’auteure joue encore sur ce qu’elle fait de mieux, elle mêle apprentissage de l’érotisme et personnages ayant déjà un certain vécu, des personnages qui ne sont pas jeunes et innocents, mais des personnages ayant surtout une soif d’apprendre à combler leurs désirs les plus inavouables.

James Whitcox est un avocat accompli et renommé n’ayant jamais perdu un seul procès. Chaque affaire est accepté que s’il est sûr de la gagner qu’il défende un innocent ou un coupable. Cependant depuis la mort de sa femme qu’il ne connaissait finalement pas, il se pose des questions sur les désirs des femmes en général ; ont-elles les mêmes envies ou besoins que les hommes ? Certaines d’entre elles, aiment – elles être caresser ? Désirent-elles la même choses que les hommes ? Aussi décide t-il d’entrer dans le Club des Messieurs et des Dames, un club où hommes et femmes discutent et débattent des relations entre les deux sexes. Les discussions restent relativement chastes et vertueuses jusqu’à ce qu’un jour Frances passe la porte du Club par inadvertance, là James se laisse aller à des questions inconvenantes, choquant les autres membres du club, mais Frances ne se laisse pas impressionner et répond avec un naturel déconcertant et furieuse attrayant. Les échanges du Club prennent alors un tournant plus osé où l’art érotique et les relations intimes liant un homme et une femme prennent une place importante. James et Frances s’explorent, osant des demandes et des gestes terriblement sensuelles puis érotiques, ils se découvrent une passion de la chair. Mais à une époque où l’art érotique est condamnable et la place du femme limitée à un rôle vertueux, les conséquences d’une telle liberté peuvent aussi être dramatiques.

Ce qu’il a de bien avec Robin Schone, c’est que l’on s’éloigne de l’échange de deux personnages à la vingtaine ou trentenaire, ici ce sont deux personnages veufs proches de la cinquantaine, l’un père de deux enfants adultes qu’il ne voit jamais, l’autre mère de cinq enfants et grand-mère. Deux personnages qui se sont toujours accommodés de ce que la société attendait d’eux.

Pour James, fils d’avocat dont le père a décidé de lui forger l’esprit en le forçant à regarder une pendaison alors qu’il était à peine sorti de l’adolescence, un avenir professionnel tout tracé où la froideur du métier a empiété sur sa vie personnelle. Une vie personnelle avec une femme qu’il n’a jamais aimé et qu’il ne connaissait pas vraiment. Alors aujourd’hui à quarante-sept ans, il se pose des questions sur ce qui peut bien se passer dans la tête d’une femme, sur ses désirs, sa place dans l’érotisme et la passion qui peut lier deux corps de sexes opposés. James cherche à vivre ce qu’il n’a pas vécu, il a une certaine prise de conscience et a tendance à casser sa routine habituelle.

« – Je ne veux pas d’une amourette, conclut-il tandis que le désir lui tordait les entraillent. Ce sont des jeux d’enfants. Ce que je veux, c’est une femme avec qui faire l’amour et qui y prenne autant de plaisir que moi. »

Pour Frances, mariée à quinze ans, mère à seize, une vie entière dévouée à sa famille, elle décide de quitter sa campagne familiale à la mort de son époux pour s’installer quelque temps à Londres. Là, elle se découvre une certaine liberté, elle prend soin d’elle en changeant de style vestimentaire, elle découvre les musées, les expositions et les autres plaisirs citadins, découvre le Club des Messieurs et des Dames mais surtout, rencontre James. Sa grâce naturelle, son honnêteté, sa franchise et sa fraîcheur malgré ses quarante-neuf ans vont venir mettre un bon coup de pied dans les discussions bien trop sages du Club.

« Quand j’étais gamine, fit-elle, les gens autour de moi pensaient qu’une veuve qui ne s’enfermait pas dans son deuil jusqu’à la fin de ses jours était une dépravée et, si l’on m’avait demandé mon avis, j’aurais été d’accord avec eux. »

James et Frances vont donc se trouver, d’abord dans un apprentissage mutuel des choses du sexe, découvrir les désirs et les besoins de l’un et l’autre, les plaisirs solitaires inavouables, ils s’explorent, ce qui créera des situations pour le moins incongrues et assez étonnantes voire déconcertantes, puis peu à peu la passion charnelle va faire naître autre chose entre eux, beaucoup de tendresse et surtout de l’amour et de la compréhension. Une certaine satisfaction va s’installer pour l’un comme pour l’autre, une évidence.

« Le plus beau cadeau qu’une femme puisse faire à un homme, Frances, c’est ça ! dit-il. Ni son pucelage, ni sa docilité, mais un chant de pur plaisir. »

On pourrait croire que le roman se finisse ainsi mais pas du tout, l’auteure nous emporte ensuite, dans la seconde partie, dans les démêlés qu’une femme d’un certain âge, veuve et qui s’accrochait à sa liberté pouvaient subir à cette époque. L’appartenance à un homme, le non choix d’un époux, elles subissaient et leur vie pouvaient très vite devenir un cauchemar. Frances va subir un peu ça, et c’est assez triste, mais James sera là pour la soutenir.

Les autres membres du club sont tout aussi attachants ; médecin, secrétaire, artiste, enseignant, etc…, il y a de tout ! Certains sont très prudes, d’autres timides, certains sont vierges, d’autres innocents, certains ont des envies cachées qui finissent par s’exprimer, d’autres ont des vies difficiles que le club permet de fuir, certains s’émancipent et osent, d’autres surprennent… Les échanges au sein du club sont vraiment intéressants, parfois aussi plein d’humour mais toujours dans l’apprentissage du lien entre un homme et une femme.

Robin Schone a une poésie d’écriture incroyablement efficace pour décrire les choses avec une sensualité terriblement émoustillante, il y a certes des échanges entre Frances et James qui paraîtront vraiment surréalistes, mais l’auteure excelle dans le genre, chaque roman est toujours une réussite, mêlant savamment romance, sensualité et sujet sensible pour l’époque et le choix de ses personnages rendent aussi ses romans uniques !

En bref, un roman plein de poésie, de sensualité, d’innocence aussi, un roman qui offre encore, avec beaucoup d’honnêteté et de franchise, une romance historique érotique très réussie sur fond de réflexions d’une société qui était bien loin de valoriser aussi bien la femme que l’homme. Une lecture que je ne peux que conseiller !

Je remercie Louve du forum Mort Sure et son partenaire J’ai lu pour ce partenariat.
 
Chronique de Walkyrie

Le Syndrome de la vitre étoilée de Sophie Adriansen

Année d'édition : aout 2016
Edition : fleuve edition
Nombre de pages : 347
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Un garçon, une fille, dix ans de vie commune. De cette équation parfaite naît le désir d'enfant. Puis les difficultés arrivent. Le désir se transforme. Le garçon et la fille aussi. Un couple sur cinq connaît des difficultés pour avoir un enfant.
Derrière cette proportion, combien d'autres statistiques ? De formules intrusives ? De conseils "bienveillants" ? De boîtes de tampons ? De pieds dans les étriers ? D'amis auxquels on ment ? De bouteilles éclusées ? Combien de pensées magiques pour conjurer le sort et cette foutue proportion ?
Voilà des questions - des obsessions- que la narratrice se ce roman tente d'éclairer sous un jour nouveau en découpant sa pensée comme on range la commode de son adolescence.


Stéphanie et Guillaume s'aiment énormément. Leur nouvelle décision ? Avoir un enfant ensemble. Mais voilà, les choses ne se passent pas comme ils l'espéraient et l'enfant tarde à pointer le bout de son nez. Commence pour eux une réelle remise en question avec des proches qui semblent ne pas se rendre compte de la souffrance que cet échec leur fait éprouver. Et si chacun cessait d'y mettre de son commentaire et de son avis pour les "aider" remuant en fait le couteau dans la plaie ?

Ce roman n'est pas le genre que je lis en général. Honnêtement, je ne me serais jamais attardé dessus sans un coup de tête. Parce que le thème est fort et qu'il ne m'a pas touché personnellement, mais parce que j'avais envie de changer littéralement de registre. Ce fut une bonne chose parce que ce roman est assez intense et se lit avec un noeud dans l'estomac du début à la fin. Stéphanie nous fait vivre son histoire, son désir de maternité et ses échecs sentimentaux de manières simples et sans ne rien nous cacher. On en devient ses confidents à cette jeune femme qui ne supporte plus son entourage.

Dès le début, on fait la rencontre de Stéphanie et Guillaume. Un couple tout ce qu'il y a de plus banal avec une légère différence d'âge, Guillaume étant plus vieux que Stéphanie de presque dix ans si je me souviens bien. Ils s'entendent bien et vive un amour intense et passionnel jusqu'à ce que l'idée d'avoir un enfant germe dans leurs esprits. Mais les choses ne se passent pas aussi simplement qu'ils le voulaient et Stéphanie doit prendre des cachets pour améliorer ses possibilités de tomber enceinte. La pauvre se sent inutile, commence aussi à douter de la fertilité de son compagnon et à en avoir ras le bol des avis déplacés de ses proches. Comme si finalement elle était la seule en cause. Stéphanie qui petit à petit s'éloigne de Guillaume pour décider de se reconstruire seule, sans lui, anéantie par les essais cliniques que sa gynécologue lui a fait.

J'ai beaucoup aimé l'accent mis sur la psychologie de Stéphanie qui se sent salit par la science et par les différentes choses qu'on lui fait pour l'aider à avoir un bébé. Elle se sent violée, abusée par les médecins qui ne prennent pas de gants pour lui parler. Stéphanie qui perd confiance en elle, en son couple et qui peu à peu n'éprouve plus d'amour pour Guillaume, se jetant dans les bras d'un nouvel homme espérant reprendre le dessus.

Avant d'être une histoire sentimentale (pas vraiment romantique car Stéphanie va rencontrer plusieurs hommes) c'est avant tout le cri de désespoir d'une femme qui aimerait tant avoir un enfant et qui se retrouve confronté à un entourage qui sans le vouloir la fait descendre plus bas que terre. Elle en devient un cobaye, les médecins essayant plusieurs traitement pour l'aider tandis que ses proches tentent de lui donner des "astuces" super efficace...

Le syndrome de la vitre étoilée, c'est un beau roman intense qui mérite qu'on le découvre malgré un sujet assez dur. L'auteur ne tombe pas dans le dramatique à l'excès et au contraire tente d'être la plus réaliste et sobre possible pour qu'on parvienne réellement à s'attacher aux personnages. Cela a fonctionné sur moi, j'ai passé un très bon moment avec les personnages.

A lire pour :
- le thème assez difficile
- la réalité et la dureté de certaines femmes à enfanter naturellement

a éviter si :
- vous n'aimez pas le contemporain du tout
- les histoires dramatiques ne vous conviennent pas.

Chronique de Louve

mercredi 17 août 2016

Métaquine, tome 1 : Indications de François Rouiller

Année d'édition : 2016
Edition : L'atalante
Nombre de pages : 362
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Régis, dernier de la classe, ne veut pas prendre de Métaquine®, le médicament qui transforme les cancres en écoliers modèles. Des millions d’enfants inadaptés bénéficient pourtant du traitement, au grand soulagement des profs et des parents. Mais Régis craint que la chimie dissolve le Duché, la contrée fabuleuse d’où son imagination tire châteaux, dinosaures et compagnons de jeu invisibles.

La mère du gamin s’est enfermée sous un casque de cybertox, son beau-père rumine des fantasmes de tueur en feuilletant d’abjects magazines. Il n’y a guère qu’une voisine, neuropsy à la retraite, pour l’aider à défendre ses rêves. Ou peut-être, en ville, cette politicienne remuante qui milite contre la distribution de psychotropes à l’école.

Mais que peuvent deux idéalistes face à un géant pharmaceutique et aux milliards de son budget marketing, alors qu’on découvre à la Métaquine® des vertus toujours plus prometteuses et que la planète entière a déjà gobé la pilule ?

François Rouiller, avec ce premier roman, entre d’emblée dans la cour des grands. Métaquine® est le fruit de huit ans d’écriture et de réflexion sur les dérives de l’industrie pharmaceutique, le mensonge publicitaire, les manipulations de masse, l’espoir d’une souveraine panacée. Avec, à la clé, cette question : habitons-nous le vrai monde ou un placebo ?



J'ai pu découvrir ce roman d'anticipation grâce au forum Mort-Sure que je remercie. Mais si le résumé me semblait prometteur et abordait des sujets qui m'intéressent beaucoup, j'ai malheureusement eu beaucoup de mal avec ce livre.

Ce livre a réussi à me perdre dès le début. L'histoire est vue à travers différents protagonistes et chaque chapitre nous permet de nous plonger dans le point de vue d'un de ces personnages. J'ai cependant trouvé le principe très mal amené car vraiment trop confus. On met un temps fou à comprendre les liens qu'il y a entre chaque personnage et je n'ai vraiment pas apprécié le récit à la première personne qui est absolument ennuyeux et lourd.

Tout le problème réside cependant dans l'aspect dénonciation de notre société que s'efforce de mettre en avant ce livre. Ce n'est au final pas seulement l'industrie pharmaceutique qu'il dénonce, mais aussi les médias numériques qui nous font, déjà aujourd'hui, perdre la notion du réel. Et le problème c'est qu'il n'y a vraiment que ça dans le livre. L'histoire n'avance pas et est franchement reléguée au second plan, la faute aux personnages qui ressassent beaucoup trop leurs pensées et avis sur tous ces horribles aspects de la société. J'ai vraiment trouvé l'aspect dénonciation raté car franchement lourd.

Alors, bien sur, il y a quand même un certain intérêt à suivre tous ces personnages car ils englobent vraiment chaque perspective, chaque parti de ce que l'auteur essaye de dénoncer. On peut ainsi suivre les initiateurs du projet publicitaire pharmaceutique autour de la Métaquine mais aussi ses réfractaires, en passant par ceux qui sont directement touchés comme Régis et sa famille. J'ai aussi vraiment apprécié les transitions entre chaque chapitre et donc chaque protagoniste : l'auteur reprend la dernière phrase du chapitre pour commencer le nouveau. Une petite touche de style vraiment sympathique.

Et au final, ce premier tome s'avère tout simplement introductif. La lutte contre la Métaquine ne s'engage et s'organise vraiment qu'à partir des dernières pages. On ne fait que subir un long avant-propos sur la Métaquine qui n'est pas une substance si compliquée que ça, et sur cette vie virtuelle à laquelle s'est abandonnée la maman de Régis qui, elle, est exprimée d'une façon si abstraite qu'elle en devient incompréhensible. Je ne parle même pas du monde que s'est inventé Régis et qui le coupe d'une toute autre façon de la réalité.

Avec les romans d'anticipation, c'est souvent soit très bon, soit très mauvais. Pour moi, Métaquine est a ranger dans la deuxième catégorie. Je n'ai vraiment pas réussi à comprendre où voulait nous mener l'auteur, j'ai trouvé sa dénonciation de la société vraiment lourde et son récit franchement ennuyeux.

Chronique de May